Premières critiques au PS contre la campagne de Martine Aubry

Personne au n’a douté que les élections européennes du 7 juin constitueraient un test important pour l’autorité de à la tête du et, peut-être aussi, pour son éventuel destin présidentiel. Ces derniers jours, des socialistes n’ont pas manqué de le lui rappeler. Plus ou moins feutrées, les critiques adressées à la première secrétaire portent sur le déroulement de la et font écho au préoccupant surplace du dans les sondages.

martine-aubry-ue-socialiste-ps-politique-partiCertains, tel l’ Jean-Louis Bianco, proche de , font grief à Mme Aubry d’avoir lancé à contretemps le thème du “-sanction” contre et José Manuel . L’angle d’ n’a pas permis de suffisamment identifier le parmi ses nombreux concurrents. Quant au du ” utile”, devenu le “ efficace”, il serait, ajoutent-ils, plus adapté à une fin de .

D’autres font grief à la direction de n’avoir pour objectif que de limiter les dégâts. Ils voudraient que Mme Aubry place la barre plus haut, par exemple en se donnant pour objectif de devancer les listes UMP sur le plan national, malgré l’avance d’une demi-douzaine de points qu’elles possèdent aujourd’hui, selon les sondages. “Si nous n’y parvenons pas, personne ne sera à blâmer, mais il s’agit du seul moyen de mobiliser pour réaliser un bon résultat”, estime Pierre Moscovici, des affaires européennes. Les proches de François Hollande acquiescent.

Ancien numéro deux du , François Rebsamen, qui avait interpellé Mme Aubry, considérant que “la parole ne portait pas”, pense de son côté que le devrait viser “plus de 25 % des voix”. D’autres encore pointent la faiblesse des contre-propositions sur le terrain de la intérieure et un argumentaire européen resté trop longtemps insuffisamment hiérarchisé.

Au , à l’approche du scrutin du 7 juin, on considère - y compris dans l’ de Mme Aubry - que la zone dangereuse commence au-dessous d’un score de 20 %. En deçà, la contre-performance collective s’accompagnerait inévitablement d’une remise en cause personnelle de la première secrétaire. Elue en novembre 2008 contre dans des conditions contestées, est parvenue à rassembler les diverses composantes du parti au sein de la direction. Ses proches soulignent que le projet européen a été bâti collectivement, en dépassant les clivages du référendum de 2005. Mais les divisions de l’après-congrès n’ont pas été surmontées et cela se ressent dans la .

Si la majorité des élus écarte l’hypothèse d’une chute libre du , d’autres ne cachent pas leur pessimisme et redoutent “un -sanction d’une partie de l’électorat de gauche contre le ”. “Or, si l’on décroche pour de vrai, il faudra forcément revoir le dispositif”, glisse un dirigeant, maniant l’euphémisme.

Changer de leader en poussant Mme Aubry à la démission ? Certains y pensent, sans trop y croire. Le premier secrétaire étant élu par les adhérents au universel direct, l’organisation d’un nouveau scrutin serait alors nécessaire. A neuf mois des élections régionales, il s’agirait d’un scénario catastrophe pour le .

, dont l’agenda de s’est alourdi ces derniers jours, accueille ces spéculations avec un agacement à peine voilé. “Depuis longtemps, (un score de) 20-22 % des voix correspond à l’étiage normal du aux européennes”, fait remarquer la première secrétaire. “Même si ce niveau est atteint malgré une offre concurrente bien plus large qu’auparavant, cela ne me satisfait pas et nous allons tout faire pour progresser”, ajoute-t-elle.

Pas question, toutefois, de fixer un objectif chiffré ou de prétendre faire mieux que la liste UMP. Ce serait tomber dans le piège tendu par ses adversaires. “Le seul n’a pas la possibilité de devancer les listes UMP, qui font le plein des voix de la droite”, a déjà tranché Jean-Christophe Cambadélis, directeur de la du . Le député de Paris, qui pense que “les choses ne se sont pas encore cristallisées”, prédit un résultat final meilleur que celui qui est actuellement promis aux socialistes. Dans l’ de la première secrétaire, on rappelle aussi que “Martine apparaît désormais dans les études d’opinion comme la plus populaire des figures du ”.

“Ce qui m’intéresse, c’est le moyen terme. Mon avenir personnel est totalement secondaire”, assure Mme Aubry, qui se projette déjà dans l’après-élections européennes. En juillet, la direction du parti réunira un séminaire pour faire émerger les prémices du “projet de société” en gestation depuis plusieurs mois. D’ici là, il faut resserrer les rangs, avec notamment le meeting de Rezé, près de Nantes, où le 27 mai et feront tréteaux communs.

Source: le Monde

Réseaux sociaux:
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio FR
  • YahooMyWeb
Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Articles relatifs

Poster un commentaire