Patrick Kibangou: candidat polonais et africain au Parlement européen

Les hasards du destin et une mère fervente catholique ont conduit à s’installer en il y a 29 ans. Ce Congolais devenu Polonais brigue maintenant un mandat au européen dont il pourrait devenir en juin un des rares députés noirs.

Son objectif: ouvrir à la les marchés africains encore trop dominés selon lui par les ex-puissances coloniales.

“Ce qui m’a motivé c’est que je peux aider la à trouver des marchés, c’est la promotion des sociétés polonaises, des produits polonais, de la dans les pays en voie de développement”, a-t-il expliqué à l’AFP.

Aider l’ aussi, car l’arrivée de sociétés venues des tout jeunes membres de l’ européenne, aux coûts généralement inférieurs, ouvrirait “des alternatives pour les Africains”.

Et “quand il y aura concurrence, le chantage sera moindre” de la part des grands groupes occidentaux, déjà bien installés sur le continent noir, lance le présenté par le parti social-démocrate SLD (ex-communiste).

Cet ingénieur de 51 ans qui se dit “ comme les socialistes danois ou norvégiens” pense en premier lieu aux infrastructures routières dont la a équipé des pays comme la ou l’ à l’époque où elle faisait partie du bloc communiste.

Mais “les Polonais sont bons partout”, affirme-t-il. La est un pays “avec des intellectuels, des gens qui ont fait l’histoire de ce monde, des savants comme -Sklodowska, et je pense que les Polonais sont aussi capables que les Français ou les Anglais d’être en ”, estime-t-il.

C’est avec un plaisir non dissimulé qu’il raconte avec force images la “longue et drôle histoire” de son départ pour la en 1980 et de son non-retour au pays. Après le bac, c’est en France ou en fédérale qu’il veut faire ses études. Mais il fait un rêve, une voix lui dit: “tu iras en ”.

“Ma mère qui est vraiment croyante, catholique, fervente catholique, m’a dit: +C’est le pays du Pape, il faut y aller+”, se souvient-il dans un sourire en référence au pape polonais Jean-Paul II. Ses dossiers pour l’ occidentale sont refusés, il finit par se résoudre à partir à l’Est et sort diplômé de l’école polytechnique ainsi que de l’académie d’économie de Wroclaw (sud-ouest).

Vers la fin des années 1990 il pense sérieusement au retour mais la guerre éclate au Congo, il se retrouve sans passeport et demande la nationalité polonaise. “C’était un record, en moins de quatre mois j’ai eu ma nationalité, et puis ensuite je me suis dit que j’étais Polonais, et voilà”, raconte-t-il.

Les Africains y sont rares mais il rejette le stéréotype d’une raciste. “Non, les Polonais ne sont pas racistes”, dit-il, “il y a des cas marginaux mais ça ne compte pas, ça. On les trouvera aussi bien en France ou en Angleterre”.

Il travaille à présent pour un organisme de distribution des fonds structurels européens aux agriculteurs polonais. “Ce qui se fait en c’est quelque chose de fantastique”, s’enthousiasme-t-il. “Si l’ pouvait aussi être unie et copier ce que l’ fait, ce serait bien pour le monde”

Il est établi à Jelcz-Laskowice, petite ville des abords de Wroclaw. Sa compagne, médecin de nationalité polonaise et d’origine nigériane, a installé son cabinet de gynécologie dans leur grand pavillon.

“Nous parlons polonais le plus souvent entre nous. Quand nous sommes énervés l’un contre l’autre, alors c’est l’anglais, parfois le français”, sourit-il.

Source: AFP

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