Nicolas Sarkozy intervient dans la campagne européenne
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A un mois du scrutin, Nicolas Sarkozy intervient mardi pour la première fois dans la campagne en vue des élections européennes du 7 juin lors d’une “réunion républicaine” à Nîmes (Gard). Le chef de l’Etat va mettre en avant le bilan de sa présidence européenne afin d’intéresser les Français à un scrutin pour lequel une forte abstention est attendue, et d’éviter le vote-sanction.
Ce discours sur le thème de “la France et l’Europe” est présenté par l’Elysée et l’UMP comme une occasion d’exprimer la “vision” sarkozyste de l’Europe. “Nicolas Sarkozy ne va pas faire un discours à l’UMP, il va s’adresser aux Français et peut-être aussi aux autres Européens”, a expliqué lundi Michel Barnier.
Le format choisi par l’Elysée pour cette intervention est celui d’une réunion républicaine, ouverte à tous. Pas trop de risque cependant: la réunion se tiendra dans la ville du sénateur-maire UMP Jean-Paul Fournier, dont Sarkozy est un habitué. Il y avait prononcé le 9 mai 2006 le deuxième discours de sa pré-campagne présidentielle, sur le thème “pour la France”. Il y est revenu le 13 janvier dernier pour ses voeux au monde de la culture.
Le chef de l’Etat développera à Nîmes sa conception d’une Europe “qui protège” dans la mondialisation. Il ne manquera pas d’insister sur le bilan de sa présidence au second semestre 2008, principal argument de campagne de l’UMP. Sarkozy voit dans ses six mois de présidence, marqués par sa réactivité face à la crise, ou dans le récent sommet du G-20, la preuve que l’on peut faire “bouger les lignes” en Europe à force de volontarisme.
Soucieux de rassembler ceux qui ont voté “oui” et “non” lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, Sarkozy devrait réitérer son hostilité à l’adhésion de la Turquie à l’UE.
Autant d’arguments destinés à mobiliser les électeurs de la majorité, alors qu’une forte abstention est annoncée pour cette élection. Les Français sont davantage préoccupés par la crise et ses conséquences que par un scrutin traditionnellement peu mobilisateur (57,2% d’abstention en 2004).
Il s’agit aussi pour Sarkozy, qui fêtera mercredi le deuxième anniversaire de son élection, d’éviter le piège du vote-sanction tendu par le PS, alors que 63% des Français jugent son bilan plutôt négatif, selon un sondage TNS-Sofres publié lundi dans “Métro”.
Pour l’instant, tous les sondages donnent les listes de l’UMP en tête. Elles étaient créditées de 27% d’intentions de vote, quatre points devant le PS.
Ces sondages font oublier que les listes de la majorité ne sont toujours pas bouclées, en raison des discussions compliquées entre l’UMP et ses satellites du Nouveau centre, de Gauche moderne ou des Progressistes. Elles le seront d’ici le 20 mai, date-limite pour le dépôt des listes, assure Michel Barnier. Le ministre de l’Agriculture, dont le départ avait été annoncé pour début mai, devrait rester au gouvernement jusqu’au 7 juin, a fait savoir dimanche le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant.
Quoi qu’il en soit, le discours de Nicolas Sarkozy marquera le début d’une campagne qui s’annonce courte. “C’est tard, mais j’espère qu’on va avoir dans le mois de mai un débat européen”, a déclaré le socialiste Vincent Peillon. La tête de liste PS dans le Sud-Est s’attend à “une campagne de gauche, voire d’extrême gauche” de la part de Sarkozy, qui “va reprendre tous les thèmes qui sont exactement le contraire de ce qu’il fait”.
Le chef de l’Etat interviendra à nouveau dans le débat européen dimanche à Berlin lors d’une réunion commune avec Angela Merkel.
Source: le NouvelObs
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