le PS se divise sur sa stratégie de campagne pour les élections européennes
Le Parti socialiste organise aujourd’hui un grand meeting à Paris pour les élections européennes. Martine Aubry a sonné, hier, la « mobilisation générale » devant les grands élus du parti, qui peine à faire décoller sa campagne.
Le Parti socialiste n’en finit plus de lancer sa campagne pour les élections européennes dans l’espoir qu’il se passe, enfin, quelque chose. Ce soir, le PS organise un grand meeting au Cirque d’hiver, à Paris. Hier, Martine Aubry a réuni les grands élus de son parti, rue de Solferino, pour sonner la « mobilisation générale ». Las, nombre d’entre eux n’avaient pas fait le déplacement, dont Ségolène Royal, qui était à l’étranger.
Martine Aubry a appelé à mobiliser « l’ensemble des forces socialistes dans la dernière ligne droite de la campagne ». Autrement dit, les élus locaux du PS étant plus appréciés que leur parti, c’est à eux de convaincre les électeurs que, dans ce scrutin particulier, le seul vote utile pour changer la politique européenne, c’est le vote PS. Curieusement, si les têtes de liste comme Harlem Désir (région Ile-de-France) ou Vincent Peillon (région Sud-Ouest) ne ménagent pas leur peine, le PS ne cesse de s’effriter dans les sondages : les intentions de vote en sa faveur sont passées de 23 % en février à 21,5 % début mai, selon le baromètre Ifop pour « Paris Match ».
« Pas le bon angle d’attaque »
« Pour faire campagne, il faut être deux ! », s’exclame le député François Lamy, lieutenant de Martine Aubry, qui déplore la stratégie d’esquive de Nicolas Sarkozy et de l’UMP. « Nous avons toujours dit que nous serions autour de 20 %, précise un autre proche de la première secrétaire. Pour les Français, la campagne n’a pas vraiment commencé… alors, 1 point de plus ou 1 point de moins… ».
Au sein du PS, les critiques sur la stratégie de campagne commencent pourtant à se faire entendre. Ainsi, le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen (proche de Ségolène Royal), déplore que son parti se fixe des objectifs électoraux aussi bas, ajoutant : « Le PS est un parti d’élites qui se délite. »
D’autres regrettent que le PS fasse une campagne à l’envers. « Nous aurions dû mettre l’accent sur ce que doit être la relance économique au niveau européen et sur notre vision d’une Europe sociale, explique une députée. Dans les derniers jours seulement, nous aurions ajouté l’idée du vote-sanction à l’égard de Nicolas Sarkozy et de José Manuel Barroso. » Jean-Noël Guérini ajoute : « Il faut parler du fond, la double sanction, contre Sarkozy et contre Barroso n’est pas le bon angle d’attaque. » Comme Manuel Valls, le sénateur des Bouches-du-Rhône dénonce « trop d’anti-sarkozysme primaire au PS ».
Perdant sur l’image
En dépit de la crise, qui devrait lui être favorable dans les urnes, le PS peine apparemment à séduire les électeurs. « Les Français ne croient plus à la politique et ne pensent pas que nous constituions une alternative crédible, regrette un dirigeant du PS. Du coup, la campagne se fait sur l’image. Et Sarkozy, pour le moment, est gagnant sur ce terrain puisqu’il représente l’institution. » Et cet expert d’ajouter qu’en termes d’affichage, la rencontre entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy le 6 juin prochain pourrait avoir un impact non négligeable sur le scrutin du lendemain. Et de conclure : « On n’a plus qu’à envoyer Martine et Ségolène à Lourdes le même jour ! »
Source: Les Echos
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